LuKe’s blog


Lien vers mon nouveau site

Hello !

Après bien des prises de tête, je suis enfin (!) parvenu à créer mon nouveau site. Un nouveau blog tout beau (j’espère), tout neuf (ça, c’est sûr), rien que pour vous :-)

L’aventure fut assez difficile au début, j’ai bien failli y renoncer quand j’ai vu que je n’y comprenais… que dalle, mais peu à peu la lumière est arrivée jusqu’à moi.

Bon, c’est un début. Il n’est pas encore très fourni, mais je vais maintenant pouvoir y travailler avec PASSION !

Allez, sans plus attendre vous pouvez vous diriger :

 

ICI (http://lukesblog.fr)

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^


Gloire – Daniel Kehlmann

images2.jpg « Je vais m’allonger par terre, voilà tout, pensa-t-elle. M’effondrer et rester allongée ; alors on me conduira dans un hôpital, on sera bien obligé de s’occuper de moi. Mais non, ce n’était pas vrai. Si elle s’allongeait sur le sol, on l’y laisserait. En outre, la rue était sale et l’asphalte craquelé en de nombreux endroits, des filets d’eau brunâtres s’écoulaient par les fissures et le sol était jonché de débris de verre. Mieux valait ne pas s’effondrer ici. »

Quel est le point commun entre un homme qui reçoit des appels téléphoniques qui ne lui sont pas destinés, une star de cinéma qui ne reçoit soudain plus aucun appel, une femme qui décide de mettre fin à ses jours dans une clinique prévue à cet effet, un écrivain qui répond « baignoire » quand on lui demande d’où lui viennent ses idées, et quelques autres personnages hauts en couleurs ? La réponse est dans « Gloire ».

« Gloire » se propose être un roman en neuf histoires. Il s’agit ici de neuf nouvelles, plus ou moins liées entre elles, et qui font apparaitre des personnages qui se croisent au gré des pages. Pour ma part, j’adore ces histoires où des liens invisibles se tissent entre les protagonistes. J’aime en savoir plus que les personnages eux-mêmes, pouvoir me dire « ah oui ! je connais la vie de l’homme auquel tu parles, je l’ai lue au chapitre précédent ». Il y a sûrement du voyeurisme dans l’air, mais le procédé me plaît.

Le livre se lit vite. Il dérive dans l’absurde à certains moments, dans le drôle, dans l’étrange aussi. L’écriture de Kehlmann est agréable, fluide, et cela donne envie de découvrir un autre de ses romans. Un vrai cette fois, plus seulement des nouvelles.


Le procès – Franz Kafka

leproces.jpg « Ce n’était pas tant d’avoir, ici aussi, trouvé un greffe que s’effrayait K., c’était surtout de lui-même qu’il s’effrayait, de son ignorance concernant le tribunal. La règle de conduite fondamentale pour un accusé était, lui semblait-il, d’être toujours prêt, de ne jamais se laisser surprendre, de ne pas regarder ingénument à droite, alors que le juge se tenait sur sa gauche à côté de lui – et il ne cessait justement d’enfreindre cette règle. »

La première fois que j’ai lu Kafka, l’auteur m’effrayait. Écrivain archiconnu, un grand classique de chez classique, si bien que je craignais un style lourd et pesant, quelque chose de difficile à lire. Voulant parfaire ma culture littéraire (ou combler les trous, c’est selon), il fallait bien que je cesse de reculer devant le mythe. Je m’aperçus bien vite de ma méprise : Kafka n’est pas difficile à lire. Il fait également partie d’un genre que j’apprécie beaucoup : l’absurde.

 « Le procès » est un livre fragmenté. Les chapitres s’emboîtent les uns aux autres, développant la trame générale, et on pourrait presque penser que chacun de ces chapitres se suffirait à lui-même pour une lecture isolée. L’édition que j’ai lue commence d’ailleurs par le chapitre de fin, ce qui n’est guère dérangeant au vu de l’absurdité des situations rencontrées.

Il s’agit de l’histoire de Josef K., un trentenaire et employé modèle qui se voit arrêté un beau jour sans qu’il parvienne à savoir les raisons de son arrestation. Joseph se sait innocent et ne se gêne pas pour le clamer haut et fort. Indigné, confiant dans l’issue du procès, il ne se prive pas de railler les étranges fonctionnaires occupés à le poursuivre. C’est une farce, se dit-il. Et les faits semblent lui donner raison. Entre des personnages burlesques et décadents, entre une administration qui se déroule dans des greniers surchauffés et étroits, entre des audiences bondées dont on ne saisit pas le moindre sens, entre une scène de flagellation se situant dans un placard, Joseph se perdra dans les méandres d’une justice et finira par se perdre lui-même. De combatif, il devient méprisant vis-à-vis de cette justice sans queue ni tête. Lui qui se croit au-dessus de tout soupçon en viendra à douter. Quiconque peut se vanter de connaître toutes les lois ? Ne serait-il pas possible qu’il ait pu, d’une manière ou d’une autre, commettre sans le savoir un quelconque délit ? Le voilà qui doute, le voilà qui devient désabusé puis, peu à peu, se laisse broyer par une machinerie qui le dépasse et à laquelle il ne pourra faire face.

 On comprend très bien le terme « kafkaïen » après avoir lu l’auteur. Ce roman est remarquable pour l’ambiance qu’il dégage. On ressent l’oppression et l’absurde à chaque page. Lire Kafka, c’est avant tout pénétrer dans une ambiance déroutante, dans un univers quelque peu en décalage avec le réel et pourtant si proche. On retrouve toujours le thème de la solitude et de la détresse de ses personnages face à un pouvoir plus grand, que ce soit celui d’une administration, d’un état ou d’une entreprise, pouvoir devant lequel les protagonistes sont si démunis et auquel ils doivent pourtant se soumettre. Ceux qui aiment l’étrangeté seront ravis.


Le mec de la tombe d’à côté

Le mec de la tombe d'à côté « Tu mets toujours des jumelles entre la réalité et toi, ai-je reniflé, me sentant terriblement incomprise, de tout le monde, y compris de moi-même. Quelques jours plus tard, il me glissa, de but en blanc, un article sur les tensions prémenstruelles en me tapotant gentiment la main. Ma première réaction fut d’en faire une boule et de la lui lancer à la figure, mais le temps que je passe à l’attaque, il avait déjà enfourché son VTT dans la cour, et était parti. »

Je me souviens d’une affiche dans le métro pour une pièce de théâtre au titre plutôt intrigant. Je me souviens ensuite avoir aperçu la couverture d’un livre quelques semaines plus tard. Le titre « le mec de la tombe d’à côté » me fit comprendre que la pièce de théâtre était tirée du livre de Katarina Mazetti. Jamais entendu parler de cette auteure, mais le fait qu’elle soit éditée dans les éditions Actes Sud m’inspira confiance. Me voilà qui cède, et je repars avec le livre sous le bras. Au final, mon intuition s’est révélée bonne, car j’ai tout simplement adoré !

L’histoire commence dans un cimetière. C’est dans ce lieu d’apparence assez peu enclin aux rencontres que nous retrouvons Désirée et Benny. Dès le départ, tout semble différencier les deux protagonistes. Désirée est bibliothécaire, aime le théâtre, lire les théories de Jung, elle est d’apparence chétive (elle aura pour surnom « la crevette ») et agit comme une vraie citadine. Benny est tout son contraire. Il tient une ferme, lit « le pays », s’intéresse aux dernières inventions agricoles, et à le mauvais goût de décorer sa chambre de papier peint avec de belles marguerites (enfin, il s’agit là d’un avis personnel après tout, je n’ai pas à porter de jugement). Cet antagonisme s’exprime jusqu’au cimetière où les tombes qu’ils entretiennent sont à l’opposé l’une de l’autre : simple rectangle de marbre pour l’ancien mari de Désirée, et florilège de tape-à-l’oeil pour la mère défunte de Benny.

« Elle a traversé la moitié de la ville d’un bon pas et elle est entrée à la bibliothèque. J’en étais sûr. Elle a tout l’air de quelqu’un qui lit sans arrêt et de son plein gré. Des gros livres, avec des petits caractères et sans images. Ne sachant pas quoi faire, je suis resté planté devant l’entrée. Même le Blaireau National pouvait comprendre qu’on n’entre pas dans une bibliothèque en brandissant une couronne funéraire et une lanterne de la Toussaint. »

Les débuts commencent mal. Désirée tape sur les nerfs de Benny. Il ne supporte pas les tons beiges et fades que porte Désirée, il voudrait être seul devant la tombe, pouvoir souffler tranquille, oublier les soucis que lui occasionne son exploitation. Désirée, elle, est méfiante vis-à-vis de l’homme étrange qui porte une casquette « Les forestiers » (doublée d’un cache-oreilles, s’il vous plait !), auquel il manque deux doigts et qui dégage de temps à autre une certaine odeur des champs. Mais voilà qu’un jour, les circonstances vont les faire sourire l’un l’autre. S’ils se méprennent totalement sur les raisons qui les font sourire, ils se découvrent un nouveau visage. Ils rayonnent, quelque chose se passe, et cela les poussera à vouloir d’autres rencontres.

Je ne lis d’habitude pas ce genre de romans. Je fuis la niaiserie à plein nez, et j’ai été soulagé de voir qu’il n’y avait rien de niais dans ce livre. Il est drôle (vous pouvez me croire, je me suis surpris à rire tout seul comme un idiot), rafraichissant, et j’ai dévoré le roman en quelques jours (je rappelle que je lis lentement). C’était vraiment une agréable découverte et je continuerai à lire d’autres livres de Katarina Mazetti. Je placerais ce roman dans la même catégorie que « l’élégance du hérisson« . Je l’ai même préféré à ce dernier.


Shutter Island

shutterislandaff.jpg

Les bonnes critiques entendues un peu partout autour de moi m’ont poussé à aller voir le dernier Scorcese. Je n’avais pourtant pas été comblé par les derniers films du réalisateur américain. Certes, j’avais aimé « The aviator« , mais j’avais trouvé  »Gangs of New York«  trop violent (ben oui, j’ai ma sensibilité que voulez-vous) et « Les infiltrés » m’avait tout simplement paru médiocre. Mais bon, faut avouer que DiCaprio est rarement mauvais dans un film, et en plus, l’histoire était tirée du livre de Dennis Lehane. D’accord, je n’ai pas lu le livre, mais c’était déjà l’auteur de « Mystic River » (que je n’ai pas lu non plus, mais le film était bien, vous me suivez ?)

D’emblée, le film commence fort. L’ambiance est posée : une île, complètement isolée du monde (ben oui, une île quoi !), renferme un asile où est gardée une soixantaine de détenus aux comportements psychotiques violents. On débarque sur l’île avec les deux marshals Teddy Daniels (DiCaprio) et Chuck Aule qui ont pour mission d’enquêter sur la disparition d’un des détenus.

shutterislandleonardodicaprio1.jpg

Bien vite, on sent que quelque chose ne tourne pas rond sur l’île.  Les gardiens sont sur les dents, les soignants restent énigmatiques, méfiants vis-à-vis des marshals. La vérité ne semble pas être dite, et le fait que le détenu ait disparu alors que sa chambre était fermée de l’intérieur laisse bien vite penser que quelqu’un en sait plus qu’il ne veut en dire.

Mais là encore, il s’agit d’un trompe-l’oeil. Scorcese nous manipule. Le personnage principal, joué par DiCaprio, ne semble pas jouer franc-jeu lui non plus. On apprend que ses motivations à venir sur l’île ne sont pas totalement neutres et ses propres angoisses viennent peu à peu remplir l’écran. On découvre un personnage hanté par le souvenir de sa femme, par celui de son expérience de soldat, libérateur des camps de la mort, horrifié par le spectacle affligeant qu’il aperçoit alors…

L’univers de la prison semble se refermer sur les protagonistes. Qui est fou ici ? Sont-ce les prisonniers ? Les médecins - dont quelques-uns sont suspectés par Daniels d’être d’anciens nazis ? Est-ce Daniels lui-même qui est fou ? Qui manipule qui ? Shutter Island est un magnifique thriller psychologique qui nous force à douter de tout, de tout le monde. Je n’en dirai pas plus ici. Il est parfois difficile de parler d’un film sans en divulguer trop de détails. Il vaut donc mieux que je m’arrête là. Le mieux est peut-être d’aller le voir, tout simplement…


Déjà des hésitations…

Bon je sais, mon blog vient à peine de voir le jour… Mais déjà je m’interroge : et si je changeais la mise en page ? Et si je choisissais un thème différent ? Un thème que je pourrais faire à ma sauce… J’ai passé des jours à le choisir, à en tester, mais voilà, je suis un éternel insatisfait. J’ai envie de tout essayer. Alors je regarde, je surfe et je découvre Dotclear, un outil pour faire soi-même son blog. Hum… peut-être, j’y réfléchis. En attendant, je continue mes posts ici :-)


Les variations Goldberg – Nancy Huston

Nancy Huston « La première note, rejointe par la deuxième, les deux entrelacées dans l’air, les tenir, insinuer un arpège de la main gauche, laisser vibrer ensemble, enlever un doigt, l’accord est transformé, détissé petit à petit, le silence se reconstruit, redevient intégral. Qu’en savent-ils des pauses, des soupirs, des aspirations, des suspensions, de tout ce qui fait le souffle de la musique, son aire invisible ? Rien. Ils ne savent rien de rien. Ils ne veulent rien en savoir. Donnez-nous notre bruit quotidien. »

Aaaaah ! Voici le temps de critiquer un livre de Nancy Huston. Cette femme est l’une de mes auteures préférées. Si certains de ses romans m’ont moins touché que d’autres, je dois dire qu’aucun ne m’a jamais déçu. Le choix de commencer par la critique des « variations Goldberg » est donc totalement subjectif. Cela étant, vu qu’il s’agit de son premier roman, ce choix ne manque pas de logique…

Alors pour un premier roman, on peut dire que Nancy Huston maitrise. Le style est déjà là, jouant de la beauté des mots avec aisance. Une vraie poète, cette Nancy ! Le titre du livre fait référence à l’oeuvre pour clavecin composée par Jean-Sébastien Bach. Les variations sont au nombre de 32 (en fait, 30 + 2 arias si j’ai bien compris), et chacune d’elles sera l’occasion de passer d’un personnage à l’autre, principe que Nancy Huston reprendra pour quelques-uns de ces romans suivants.

Ce livre raconte l’histoire d’une soirée pendant laquelle Liliane Kulainn organise un concert chez elle. Elle y convie trente de ses amis, proches ou connaissances. Tout le monde s’assied, Liliane pose ses doigts sur l’instrument, et bientôt les notes s’élèvent. Le concert se déroule, chacun écoute, mais aucun ne peut s’empêcher de penser. C’est le flux de ces pensées que nous découvrirons tout au long du récit. Cela donne une suite de trente courts chapitres pendant lesquels nous découvrons toute une série de portraits. Nous nous immisçons dans l’intimité de personnalités diverses et prenons part à leur flot de souvenirs, aux relations qui unissent les uns aux autres, à leurs frustrations, l’envie d’être ailleurs, leur ennui parfois, leur admiration aussi, les angoisses qu’ils ont dans la vie et qu’ils ne parviennent pas à oublier… Par petites touches successives, on découvre ainsi un panel de vies que l’on quitte souvent à regret. On aimerait les accompagner encore un peu, les suivre davantage… mais les variations Goldberg évoluent. Elles changent d’univers et on en change avec elles. Certains sont tristes, d’autres joyeux, parfois légers et tendres, d’autres fois durs et austères.

« Comment se fait-il que je sois la seule à sentir que j’ai une intelligence lacunaire ? Les autres peuvent être bêtes ou brillants, ils ont toujours l’air d’être convaincus de ce qu’ils disent et de ce qu’ils font. Moi, dès que je prononce une phrase -même si personne ne la contredit – je suis ébranlée dans mes certitudes. Mais j’ai vu des gens vraiment débiles qui claironnaient des énormités avec une suffisance… Tout le monde est suffisant. Je suis la seule à ne pas pouvoir me suffire à moi-même. »

Déjà, Nancy Huston trouve le ton juste. Ses personnages existent pour nous de façon crédible et terriblement humaine. Leurs doutes, leurs fêlures, rien ne nous échappe. On peut s’identifier à certains, pas à d’autres, mais tous nous parlent d’une manière ou d’une autre. Je pense que c’est ce qui fait tout le charme des romans de Nancy Huston, le style mis en plus…


Dans le café de la jeunesse perdue – Patrick Modiano

Dans le café de la jeunesse perdue J’ai entendu beaucoup de gens parler de Patrick Modiano. Ou plutôt de ses romans, car l’homme semble fort discret. Lors d’un passage télé, je découvre un homme réservé, timide, pas très à l’aise devant la caméra. Je me dis que cela est loin d’être un handicap pour un littéraire - on est loin de ces auteurs qui cherchent à briller de mille feux à l’écran -, car je continue de penser qu’un livre doit se défendre par lui-même, que ce sont les lecteurs qui en font le succès, ainsi que la renommée de l’écrivain, que le bouche-à-oreille est bien plus efficace que n’importe quel talk-show cathodique. Alors quand des connaissances me disent qu’elles apprécient Modiano, quand en plus un animateur d’une émission culturelle le présente comme (peut-être) le plus grand auteur français contemporain, je me dis qu’il est grand temps que je découvre un de ses romans pour ne plus rester la bouche ouverte quand on me cite le nom de « Modiano ».

 La première difficulté consiste à choisir le roman en question. Modiano écrit depuis de nombreuses années, et a de ce fait publié une vingtaine de romans. Quand en plus, il est dit que les thèmes de Modiano ne varient que très peu d’un roman à l’autre, voire qu’il écrit toujours le même roman, le choix s’annonce difficile. C’est donc un peu par hasard que je me retrouve avec « Dans le café de la jeunesse perdue » entre les mains.

Premier constat : le roman n’est pas bien gros. Tant mieux ! me dis-je. Ces derniers temps, les gros volumes m’effraient, allez savoir pourquoi. Immédiatement, j’en lis quelques pages et me rassure : le style est plaisant. Il n’y a pas de lourdeur, la lecture est agréable et les pages défilent. L’histoire tourne autour d’un personnage central que l’on surnomme Louki, une femme qui semble fuir sa vie et se réfugie dans un café « Le Condé ». Elle se terre au fond, un livre à la main, et surveille les entrées des clients, comme pour s’assurer qu’il n’entre pas quelqu’un qui pourrait la reconnaître. Les habitués, eux, la remarquent vite. Ils lient connaissance, et bien vite, Louki va faire partie de la bande. À tel point qu’elle va devenir le souvenir le plus marquant des quelques intervenants du livre. Ainsi, chacun raconte sa rencontre avec Louki et offre un nouvel éclairage de cette mystérieuse femme. Il y aura même un récit de Louki elle-même, mais là encore le mystère plane.

Il m’est difficile de parler de ce roman. J’avoue n’avoir pas trop compris où Modiano voulait nous emmener. On se perd un peu dans tous ces personnages que l’on croise, toutes ces vies racontées en surface. Peu à peu j’ai perdu le fil, ne sachant plus qui est qui. L’ennui et la lassitude ont commencé à poindre, et au final il est heureux que le livre ne soit pas plus épais. De Modiano, on m’avait vanté la musique, une atmosphère particulière à laquelle je n’ai pas été sensible cette fois-ci.

C’était mon premier Modiano. Au final, le coup de coeur ou la révélation ne sont pas au rendez-vous. On dira que j’ai mal choisi mon roman. Néanmoins, je suis bien décidé à réessayer une nouvelle lecture de l’auteur. Après tout, ses romans ne sont pas bien gros…


La route – Cormac McCarthy

La route

  « Je n’allais pas le tuer, dit-il. Mais le petit ne répondait pas. Ils s’enroulèrent dans les couvertures et s’allongèrent dans le noir. Il avait l’impression d’entendre la mer mais ce n’était peut-être que le vent. Il devinait à sa respiration que le petit était réveillé et au bout d’un moment : On l’a tué quand même, dit le petit. »

« La route » est un livre qui vous marquera longtemps. Dans un futur que l’on imagine proche, l’apocalypse est arrivée. Le monde est désertique, les forêts sont calcinées, le soleil a disparu sous la grisaille, l’humanité court à sa perte. Sur les routes, quelques âmes vaquent à la recherche de nourriture. C’est sur ces routes que l’on suit un homme et son fils. Ils ne sont pas nommés et on ne connaîtra leur passé que par bribes. En chemin, le père fera son possible pour leur subsistance et garantir leur sécurité. Car le manque de nourriture sur Terre provoque la survie à tout prix des survivants. Le cannibalisme apparaît, des groupes se forment, appelés « les méchants », auxquels il faut échapper à tout prix.

  « Il se leva et partit vers la route. Le noir ruban de macadam menant de ténèbres en ténèbres. Puis un sourd grondement lointain. Pas de tonnerre.On pouvait le sentir sous les pieds. Quelque chose d’impondérable qui se déplaçait là-bas dans l’obscurité. La terre elle-même se contractant sous l’effet du froid. Ça ne revenait pas. Quelle saison de l’année ? Quel âge l’enfant ? Il s’avança sur la route et s’arrêta. Le silence. » 

Ce livre n’utilise pas le thème de course-poursuite comme on pourrait le penser ci-dessus, mais bien celui d’un road-movie. Le côté magistral du roman concerne la relation père-fils, une relation que l’on découvre au fil des pages, rehaussée par la qualité d’écriture de McCarthy. Une écriture distanciée, des phrases courtes, mais qui servent à merveille l’ambiance de désolation de ce qu’est devenu le monde. McCarthy nous fait sentir la menace qui plane au-dessus de la vie de nos deux héros. Elle est là, toujours présente, toujours à l’esprit du lecteur. Avec toute son innocence, toute sa jeunesse, le fils représente les vestiges d’une humanité qui se perd. Chacun pense à sa survie, à combler la faim, à repousser le froid. L’entraide est rare et bien souvent centrée sur soi-même. Mais si l’homme se bat pour que son fils reste en vie, c’est bien ce dernier qui le pousse à continuer, à garder ce feu sacré dont il parle tant. Sans lui, cette vie n’aurait plus aucun sens. Il ne servirait à rien de poursuivre sur ces routes remplies de cendres. Le petit est source d’espoir, de renouveau. Il représente à lui seul un avenir, un possible autre qu’un monde froid et désespéré.

 La route est un roman très sombre. Les rapports humains n’en ressortent qu’avec plus de force. L’écriture épurée ne plaira pas à tout le monde, mais ceux qui se laisseront prendre penseront encore à l’histoire des jours après avoir refermé le livre.


Bonjour tout le monde !

J’ouvre aujourd’hui ce blog qui, je l’espère, s’enrichira de nombreux articles. Il s’agit de mon premier blog.


culture |
ATELIER D'ARTISTE |
Grand Maître Seboubou |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | andreal33
| ERIC MALOU AQUARELLES
| neoserinity